La définition de la violence

“La violence conjugale se distingue des autres formes de violence par le fait qu’elle se manifeste dans une relation amoureuse où un des partenaires installe et maintient un rapport de domination et de contrôle sur l’autre. La violence est un moyen utilisé dans le but d’obtenir le pouvoir sur sa partenaire. On y retrouve donc l’intention de contrôler. C’est par la répétition cyclique et différentes stratégies de contrôle (ou de formes de violence), en alternant des périodes de lune de miel, de tension et de justification que l’agresseur maintient son emprise et s’assure ainsi que la victime ne mettra pas fin à la relation.

Encore aujourd’hui, nous constatons qu’une norme sociale implicite tolère, voir accepte, la violence conjugale. Comme il s’agit d’une problématique sociale, nous croyons que c’est collectivement que nous pourrons atteindre notre objectif d’enrayer la violence conjugale dans notre société.”

Femmes vivant avec des limitations fonctionnelles et violence conjugale

“La problématique de violence conjugale envers les femmes en situation de handicap est particulièrement méconnue et très peu documentée.

Plusieurs enjeux peuvent tenter d’expliquer cette invisibilisation; la méconnaissance du handicap et de son ensemble, le capacitisme institutionnel, la difficulté d’accès à des services, la difficulté d’accès à l’employabilité et à des formations professionnelles, le manque de formation au sujet des limitations fonctionnelles chez les travailleurs/travailleuses, l’isolement social, les troubles de santé mentale, le cumul des incapacités, l’association systématique de l’asexualité et handicap, pour en nommer quelques-uns.

Il est important de comprendre que ces femmes ne sont pas plus vulnérables de subir de la violence conjugale à cause de leurs handicaps, mais bien à cause de l’invisibilisation des enjeux sociaux et environnementales entourant leurs handicaps.”

Les types de violence

Les violences psychologiques

“La violence psychologique est une série d’attitudes et de propos méprisants à humilier l’autre, la dénigrer, la dévaloriser et la contrôler. L’agresseur déprécie l’apparence de sa compagne, ses capacités intellectuelles ou n’importe quel trait de sa personnalité dans le but de la diminuer. Il nie sa façon d’être et lui renvoie une image d’elle même totalement négative.

Les agresseurs vont profiter de la vulnérabilité de leurs victimes pour la rabaisser. Une femme qui vit avec des besoins particuliers, spécifiquement si elle requière une assistance pour répondre à ces besoins, est plus susceptible de vivre de l’humiliation, de la manipulation ou d’être rabaissée. Que le besoin soit la prise de médicament, d’avoir un proche-aidant à temps plein, d’avoir besoin d’un interprète, ou juste d’avoir des rendez-vous médicaux, l’agresseur utilisera ce besoin contre sa victime. Cette violence invisible est un enjeu important chez toutes les femmes en situation de handicap.”

Les violences verbales

“La problématique de violence conjugale envers les femmes en situation de handicap est particulièrement méconnue et très peu documentée.

Plusieurs enjeux peuvent tenter d’expliquer cette invisibilisation; la méconnaissance du handicap et de son ensemble, le capacitisme institutionnel, la difficulté d’accès à des services, la difficulté d’accès à l’employabilité et à des formations professionnelles, le manque de formation au sujet des limitations fonctionnelles chez les travailleurs/travailleuses, l’isolement social, les troubles de santé mentale, le cumul des incapacités, l’association systématique de l’asexualité et handicap, pour en nommer quelques-uns.

Il est important de comprendre que ces femmes ne sont pas plus vulnérables de subir de la violence conjugale à cause de leurs handicaps, mais bien à cause de l’invisibilisation des enjeux sociaux et environnementales entourant leurs handicaps.”

Les violences économiques

“Dans une situation de violence conjugale, plusieurs moyens sont utilisés par l’agresseur pour établir une relation de pouvoir et contrôler les choix de la victime. Des comportements violents ciblant la vie économique de la victime sont très souvent présents. Ces formes de violence, souvent très subtiles au départ, contribuent à l’emprise et font en sorte que le conjoint s’approprie les décisions économiques de la famille, crée une dépendance économique envers lui et affecte la capacité de la victime à subvenir à ses besoins de base et à ceux de ses enfants advenant une séparation.

Les femmes qui vivent avec une limitation sont souvent vulnérabilisées financièrement; “l’employabilité est parfois difficile, les assurances n’assurent pas tous les soins  nécessaires, l’accès à la formation n’est pas toujours adapté, etc.

La gestion financière tombe souvent entre les mains de leurs agresseurs, ou au contraire, les femmes sont responsables financièrement pour les deux personnes du couple.”

Les violences sexuelles

“La violence sexuelle inclue toutes les formes de violence de nature physique ou psychologique commises contre toutes les personnes et ce, quelque soit son âge, son genre, son ethnie, son orientation sexuelle, son milieu social ou économique, sa scolarité ou sa profession. La violence sexuelle englobe l’agression sexuelle, la culture du viol ,le cyberharcèlement, la cyberviolence, l’exploitation sexuelle, le harcèlement sexuel et l’inceste.

Souvent, il est assumé que les femmes en situation de handicap sont asexuelles, donc qu’elles ne peuvent pas vivre de violences ou d’abus sexuels. Toutefois, les femmes en situation de handicap sont deux fois plus susceptibles de subir des violences sexuelles de tous genres, que les femmes qui vivent sans limitations.

Les premières violences sexuelles à leurs égards débutent avant l’âge de 15 ans et proviennent généralement d’un proche ou d’une personne assurant des soins médicaux ou sociaux.”

Les violences physiques

“Quand les menaces, les cris ou les sarcasmes ne sont pas suffisants, l’agresseur passe aux coups, à la brutalité ou à la contrainte physique. Il secoue sa compagne, la gifle, lui broie les mains, l’écrase contre un mur, l’immobilise. Il peut aussi la séquestrer, l’attacher, faire mine de l’étrangler, la frapper avec un bâton ou un couteau, lui assener des coups de poing au visage ou aux seins, et des coups de pied au ventre malgré sa grossesse.

Mais c’est aussi de refuser de rendre disponible ou accessible l’aide technique utilisée pour se déplacer ou être autonome. C’est de mettre une personne vulnérable dans une position ou dans un déplacement dangereux pour sa sécurité. C’est être brutal et agressif envers une femme dans un déplacement ou en donnant un soin. C’est d’atteindre l’intégrité physique d’une personne.”

Les violences relationnelle

“Lorsqu’on parle de violence relationnelle, on fait référence au fait que l’agresseur-e, par différents moyens, isolera la victime de son réseau (proches, familles, ami-e-s) afin qu’elle soit davantage isolée, seule, vulnérable et ainsi, avoir un plus grand contrôle sur elle.”

La maltraitance

“Il y a maltraitance quand un geste singulier ou répétitif, ou une absence d’action appropriée, se produit dans une relation où il devrait y avoir de la confiance, et que cela cause du tort ou de la détresse chez une personne handicapée.

Nous avons tendance à catégoriser les mauvais traitements qu’une personne subit; les femmes vivent de la violence conjugale, alors que les personnes en situation de handicap vivent de la maltraitance. Une femme en situation de handicap subit de la violence conjugale et dans les formes de violences qu’elle vit, on peut retrouver la maltraitance.”

La négligence

“Omettre de faire un geste alors que celui-ci serait nécessaire pour le bien-être de la personne. Cette omission peut-être intentionnelle ou découler d’un manque de connaissance ou de conscience d’une situation donnée.

On retrouve ce genre de violence dans les couples où nous retrouvons une dépendance d’une personne envers l’autre. Une dépendance financière, matérielle, physique, etc. On parle souvent de négligence envers les personnes aînées, qui sont une population vulnérables, mais n’est pas la seule population à vivre de la négligence.”